J'ai l'impression que la vie m'envoie régulièrement des raisons de ne pas aimer les gens (vous n'avez qu'à lire mes articles précédents). Récemment je descends prendre ma voiture sur mon parking avec Noa, un ami. Je suis très surprise de trouver un objet, encore non identifié (il s'avère que se sont des toilettes de chantier), qui m'empêche de sortir ma voiture. Vous pouvez imaginer mon étonnement, celui de Noa était moindre, habitué à mes histoires extravagantes. Après avoir tenté de joindre sans succès les numéros inscrits sur cette drôle de boîte, j'étais prête à la déplacer à l'aide de mes petits bras musclés (et ceux plus musclés de Noa). A ce moment là passe une dame qui semble habiter dans la copro et me dis "vous avez l'air embêtée?" J'avoue que des toilettes de chantier qui bloquent ma voiture n'est pas une situation que j'ai l'habitude de gérer tous les matins! Elle me propose de venir avec elle pour s'informer auprès du représentant du syndic de copropriété qui habite son immeuble (la copro en comporte trois (immeubles pour ceux qui n'auraient pas compris)). Je me retrouve donc devant un charmant monsieur, un peu sénile, qui me dit: " Ah oui les toilettes, elles ne devaient pas être livrées aujourd'hui!" En attendant j'ai quand même des toilettes de chantier stockées devant ma voiture! Mais le meilleur est à venir. J'apprends par la même occasion qu'au vu des travaux de ravalement, des baraques de chantier vont être installées sur ma place de parking ainsi que sur trois autres places pour une durée de 6 mois (durée des travaux pour les trois immeubles). Je dois libérer ma place pour le lundi suivant, mais une solution est à l'étude. Je suis ravie de savoir qu'une solution est à l'étude pour un problème dont je n'aurais même pas eu conscience si des toilettes de chantier n'avaient pas été accidentellement posées sur mon parking.
A la demande du vieux monsieur sénile je me dirige vers le représentant du syndic de copro qui habite mon immeuble, ce serait lui apparemment qui planche ardemment sur une solution.
Je me retrouve donc devant le monsieur que j'avais déjà pris à partie pour une histoire de géraniums placés à l'extérieur de sa terrasse et accessoirement juste au dessus de ma voiture (oui je peux être très chiante parfois surtout quand ma voiture est pleine de terreau et d'engrais et que j'imagine une jardinière lui tombant dessus). Il semble relativement mal à l'aise ( il ponctue chaque phrase par un petit rire idiot "ah oui vous n'aurez plus votre place hein! hein! Mais je n'ai pas de solution hein!hein! Je ne suis qu'un pauvre abruti hein!hein!) Après un dialogue de sourd très courtois finalement je retourne dans mon appart en ayant déjà bien compris que tout le monde s'en foutait. Le monsieur hein! hein! revient à la charge pour me proposer une solution provisoire d'un soir!!! Génial, hélas pour lui,au lieu de sauter de joie, je finis par lui claquer la porte au nez. Hein! hein!
C'est alors que j'engage la riposte j'appelle mon agence immobilière (oui je ne suis que locataire) pour les prévenir qu'on veut me spolier de ma place de parking et je demande à mon père de me rappeler dans la soirée (Mr Martin les bons conseils bonsoir!).
Il est l'heure du dîner, avec Noa nous décidonc d'aller chercher Mc DO (en voiture), face aux toilettes nous prenons le problème à bras le corps, au moins une affaire de classée.
Le lendemain réponse de l'agence "oui il va y avoir des travaux et ils ont besoin de votre place de parking." "mais je la paie cette place." "oui mais les travaux doivent se faire, mademoiselle." Sur ce semblant de réponse j'engage la seconde phase sur les conseils de Mr Martin: - appel à un conseiller juridique qui m'apporte la référence aux textes de loi dont j'avais besoin et les éléments de chiffrage du préjudice en cas de présentation devant un tribunal.
- rédaction de deux lettres RAR au syndicat de copropriété et à l'agence immo avec copie à la propriétaire qui explique grosso modo que selon les textes de loi en vigueur, ils vont raquer si on installe des baraques de chantier sur ma place de parking.
- Montage de mon dossier de preuves toujours en cas de présentation devant un tribunal.
- Réservation d'un taxi pour aller au boulot lundi matin afin que ma voiture reste sur ma place de parking au commencement des travaux.
Et oui je ne plaisante pas! En même temps quand je vois qu'après trois interlocuteurs, j'ai trois personnes qui pensent que je vais gracieusement laisser ma place à une baraque de chantier je préfère couvrir mes arrières et les menacer directement d'aller au tribunal. Habituellement ça les fait bouger plus vite.
Cette petite anecdote date de 10 jours. Toutes mes lettres sont bien arrivées, mais seule ma propriétaire m'a rappelé (alors qu'elle passe par une agence pour éviter d'avoir à s'occuper de ses locations). Elle même n'était pas au courant et décidait de se renseigner auprès de l'agence et du syndic.
Depuis plus rien, les toilettes sont toujours devant l'extincteur du parking, des morceaux de baraques trainent sur une place. Mais je reste vigilante. La prochaine fois ils sauront qu'on ne s'en prend pas à une Martin impunément.
La suite au prochain épisode.